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lundi, 22 décembre 2008

Incendie de la mosquée de Saint-Priest : un acte qui suinte le racisme

LOGO_SOS.jpgSOS Racisme tient à manifester son indignation suite au début d’incendie qui a frappé ce samedi la mosquée de Saint-Priest. Quelques jours après la profanation du carré musulman du cimetière de Notre-Dame de Lorette, cet acte signifie clairement que certains veulent remettre en cause la présence sur le territoire national des personnes de culture arabo-musulmane.

Afin de stopper la possible multiplication de ces actes criminels, il est du devoir des autorités publiques de mettre tout en œuvre afin de pouvoir retrouver les responsables de ces actes inqualifiables. SOS Racisme

Mosquée de Saint-Priest: manifestation contre l'islamophobie

Un millier de personnes se sont réunies dimanche devant la mosquée de Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, pour dénoncer la montée de "l'islamophobie" en France au lendemain d'une tentative d'incendie du lieu de culte qui a suscité un vif émoi au niveau national… Entre un millier de personnes, selon la police, plus de 2.000 selon les organisateurs, ont bravé le froid sec pour exprimer leur "colère et leur incompréhension" face à la "recrudescence et à la montée significative de l'islamophobie en France". Beaucoup d'hommes, quelques enfants et leurs mères, ont écouté en silence et dans la dignité les discours des personnalités religieuses et politiques présentes, réunies devant la porte de la mosquée, brûlée et barrée par des planches. Souad, 30 ans, venue du 8e arrondissement de Lyon pour apporter son "soutien" à ses frères musulmans de Saint-Priest, s'est dit "très peinée et meurtrie". "On a du mal à comprendre ce type de geste: comment peut-on s'attaquer à un lieu de paix?", s'est-elle interrogée. "On se serait attaqué à une synagogue ou à une église, j'aurais pensé de la même façon", a-t-elle ajouté. Parmi la foule des fidèles, un anonyme fait flotter un drapeau tricolore, tandis qu'un autre brandit un Coran dont les pages ont été endommagées par le début d'incendie, d'origine criminelle avérée selon la police. "Voir que l'on s'attaque à des lieux de culte et à des sépultures (ndlr: allusion à la profanation début décembre de 500 tombes du carré musulman du cimetière Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras) m'inquiète", a affirmé le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane."Ce Coran est plein de paix, ce Coran est plein d'amour, lisez-le!", s'écrie alors le fidèle brandissant le livre sacré "parti en fumée", un "sacrilège" selon Maurice Amsellem, président régional du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif)... Libélyon

Condamnations pour l’incendie de la mosquée de Colomiers

Le 20 avril dernier la mosquée de Colomiers était la cible de dégradations et d’un incendie criminel. SOS Racisme s’etait constitué partie civile . Aujourd’hui, SOS Racisme se félicite des condamnations requises à l’encontre des incendiaires de la mosquée de Colomiers. Nous espérons que cette condamnation sera suivie par le démantèlement des groupes néo-fascistes, la justice a su faire preuve de la plus grande fermeté face à ces individus. SOS Racisme

Fadela Amara en colère face aux lenteurs du plan banlieues

fadela.JPGEnviron 2.000 "contrats autonomie" ont été signés en 2008 alors que le plan "Espoirs banlieues" en prévoyait 4.500 avant la fin de l'année, déclare la secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara. Clef de voûte du dispositif, le contrat d'autonomie prévoit un soutien renforcé et personnalisé pour aider les jeunes de moins de 26 ans à trouver un emploi. Au total, 45.000 contrats autonomie étaient prévus sur trois ans, financés sur une enveloppe de 250 millions d'euros. "On sera à 20.000 en 2009" et l'objectif des 45.000 sera tenu, a-t-elle assuré lors de l'émission "Dimanche Soir Politique" sur France Inter/i-Télé/Le Monde.

A l'instar de Nicolas Sarkozy qui a déploré les lenteurs du plan banlieues cette semaine, Fadela Amara a estimé qu'il ne se mettait pas en place assez vite à cause d'une "élite", "certains hauts fonctionnaires", qui ne jouent pas le jeu. "Vous avez dans ce pays une élite qui ne souhaite pas voir émerger les enfants d'ouvriers", a-t-elle accusé, citant en exemple les "délégués du préfet" chargés d'assurer la mise en place du plan dans les quartiers. Il devrait y en avoir 350, mais "à l'heure où je vous parle, il n'y en a pas une quinzaine en fonction", a-t-elle affirmé, précisant avoir "tapé du poing sur la table" devant le président de la République. "Je ne veux pas des chèques pour les banlieues", a-t-elle fait valoir en réponse à une question sur le peu de fonds mobilisés en faveur des quartiers défavorisés dans le cadre du plan de relance de l'économie. "Il faut tout changer dans le fond (...) Cela fait trente ans qu'on a abandonné les quartiers populaires. Je ne suis pas la fée du logis, moi ! Je veux qu'on mette tout sur la table et s'il faut que je joue ma peau à chaque fois, je jouerai ma peau à chaque fois", a-t-elle ajouté. ancé en février, le plan "Espoir banlieues" prévoit la création dans les zones dites sensibles de sites d'excellence, d'écoles de la deuxième chance et d'internats de réussite éducative. "Il y a des chantiers qui ont pris un retard considérable (...) Dans le dos des plus hautes autorités de l'Etat, on s'ingénie à réduire les ambitions qui ont été fixées", a estimé Nicolas Sarkozy mercredi. La secrétaire d'Etat à la Ville avait annoncé un "pré-bilan" du plan banlieues avant la mi-décembre, à l'occasion d'un conseil interministériel des villes qui n'a pour l'instant pas encore eu lieu. L'express

Police à la Guillotière : “on a vécu une rafle”

Lundi 15 décembre, la place Gabriel Péri a été bouclée pendant une heure par la police et les douanes. Bilan : sept interpellations dont six sans-papiers, et six contraventions dressées.

Peu avant 14H30, les voitures de police et de douanes déboulent “place du Pont”. Rapidement, ils bouclent la place centrale de ce quartier populaire de Lyon avec des bandes rouges et blanches (voir les photos sur rebellyon.info). Du haut de son appartement de la place, un témoin raconte, encore impressionné : “J'ai cru à une manif' tellement qu'il y avait de personnes agglutinées. On ne pouvait pas entrer dans le périmètre. Et à l'intérieur, tout le monde était contrôlé et fouillé”.  De nombreux habitants de quartier et de voisins s'interrogent toujours sur cette nouvelle façon de faire de la police.  Officiellement, si l'on s'en tient aux réquisitions du procureur, cette opération avait pour objectif d'interpeller voleurs et trafiquants de cigarettes ou de stupéfiants. En septembre dernier, British American Tobacco, numéro 2 mondial de la vente de tabac, avait commandé un rapport portant sur la contrebande de cigarettes où la “place du Pont” était présentée comme le centre d'un marché lyonnais où tous les jours 500 paquets de cigarettes de contrebande seraient vendus. Bilan de l'opération dressé par la préfecture : sept interpellations dont six sans-papiers et une personne pour “outrage à agent chargé de mission de service public” (un employé TCL). Quatre contraventions à la police des débits de boissons ont été dressées ainsi que deux “transactions douanières” (les contraventions des douanes) : l'une pour détention de cocaïne (0,5 grammes) et l'autre pour non transfert de licence d'un café.  Résultat : on peut douter des objectifs affichés par cette opération de police...

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Réactions au discours de Nicolas Sarkozy relatif à la diversité

sos racisme.pngRéaction de SOS Racisme : Communiqué de presse

SOS Racisme tient à saluer le volontarisme du président de la République dans son discours de ce jour relatif à la diversité. En effet, en mettant le doigt sur le conservatisme tenace qui existe au niveau des élites du pays et en affirmant vouloir rendre l’accès à ces élites plus fluide, le président s’appuie sur une analyse juste.

Cependant, SOS Racisme tient à exprimer une interrogation, un regret et une inquiétude. Un doute quant au financement nécessaire pour mettre en place certaines des annonces faites. En effet, comment trouver suffisamment d’enseignants pour renforcer les formations dans les prépas réservées aux boursiers et pour encadrer les jeunes dans les internats éducatifs à une époque où l’on nous parle de suppression année après année de milliers de postes d’enseignants ? Un regret dans la mesure où, en dépit d’un fort volontarisme, le président s’est montré trop timoré dans la mise en œuvre de mesures contraignantes. A titre d’exemple, le CV anonyme devrait être mis en place, par une loi déjà existante !, dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés et non dans les seules grandes entreprises à qui cela aurait été demandé. Une inquiétude, enfin, liée à un déplacement du centre de gravité du débat. On peut certes parler de diversité mais cette dernière n’est en aucun cas une fin en soi et ne saurait nous éloigner, par l’énergie que les débats relatifs à cette notion demanderait, de la nécessité de l’élaboration d’une politique publique de lutte contre les discriminations qui reste encore à mettre en place dans notre pays. SOS Racisme

caroline fourest.jpgRéaction de Caroline Fourest : "Discriminations : la juste mesure"

L'intensité du débat et la sagesse de la commission présidée par Simone Veil ont donc porté leurs fruits. En janvier, lors de son discours de rentrée, Nicolas Sarkozy s'orientait vers une politique de discrimination positive fondée sur des critères ethniques et religieux. Son plan pour la diversité rectifie le tir. Le président accepte de mettre son volontarisme politique au service d'une politique d'"égalité des chances réelle" privilégiant le "critère social", notamment le critère "boursier". Ce qui permet d'aider les victimes du racisme concentrées dans les classes sociales et les territoires défavorisés, sans les enfermer dans une identité figée, sans flatter le différentialisme, et sans encourager la concurrence entre les victimes.

Certaines associations communautaires ne manqueront pas de dire leur déception. Pourtant, ni l'inscription du mot "diversité" dans le préambule de la Constitution ni les statistiques ethniques n'auraient servi l'égalité. Autant ces outils relèvent du passage obligé dans des pays ayant connu la ségrégation et donc les catégories "raciales", comme les Etats-Unis ou l'Afrique du Sud, autant cette voie aurait eu pour effet de légitimer un mode de pensée ethnique que l'antiracisme français souhaite précisément combattre. Puisqu'il caresse le rêve du droit à l'indifférence, et non le droit à la différence. En dépit des apparences, la première approche est beaucoup plus ambitieuse que la seconde. Le droit à l'indifférence rêve que chaque citoyen puisse être regardé comme un autre, et bénéficie de tous ses droits sans discrimination aucune. Le droit à la différence prévoit simplement de traiter équitablement des citoyens, sans renoncer à les regarder comme différents. On nous cite en exemple la réussite de Barack Obama, mais le nouveau président américain élu représente justement l'Amérique post-raciale, qui souhaite en finir avec l'assignation ethnique et retrouver le chemin de l'universalisme... Le Monde

patrick_weil.jpgRéaction de Patrick Weil

Patrick Weil, vous êtes directeur de recherche au CNRS, auteur de "La République et sa diversité" (Le Seuil, 2005) et de "Liberté, égalité, discriminations" (Grasset, 2008). Faut-il inscrire la discrimination positive dans le préambule de la Constitution ?

Non, je n'y suis pas favorable. En France, les seuls moments où l'on a distingué les races, les ethnies ou les religions, c'était pendant l'esclavage, la colonisation et le régime de Vichy.

La République a donc, en réaction, affirmé l'égalité devant la loi de tous les citoyens "sans distinction d'origine, de race ou de religion", comme le précise la Constitution. Le préambule s'inscrit dans notre histoire nationale, il reprend la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et proclame des valeurs fondamentales : si l'on y touche, on risque de provoquer des débats interminables qui paralyseront toute politique en faveur de la diversité pendant des années. Se lancer dans une réforme constitutionnelle, c'est choisir de diviser le pays alors que l'on peut lutter dès aujourd'hui contre les discriminations dans le cadre constitutionnel existant. La discrimination positive ne figure d'ailleurs pas dans la Constitution américaine, dont certains veulent s'inspirer : la Cour suprême a juste validé cette politique en la soumettant à de très strictes conditions puisqu'elle porte atteinte au principe d'égalité individuelle devant la loi.

Que pensez-vous des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy ?

Je trouve qu'elles sont un peu timides. Expérimenter le CV anonyme dans une centaine d'entreprises, ce n'est que commencer à appliquer une disposition qui est dans la loi depuis 2006. Quant aux internats d'excellence et aux 30 % de boursiers dans les classes préparatoires, ce sera positif pour les individus qui en bénéficieront.

Mais, ajouté aux "assouplissements" de la carte scolaire, cela risque d'accentuer de façon intolérable les inégalités entre établissements en vidant les lycées défavorisés de leurs meilleurs éléments... Le Monde

mercredi, 17 décembre 2008

SOS RACISME CONTRE L’OPAC DE SAINT ETIENNE

image769.jpgPour fichage ethnique et discrimination racial - 18 décembre 2008 à 13h30 (palais de justice de St Etienne)

VENEZ NOMBREUX : DEPART DE LYON (contact@sosracismerhone.org / 0659681396)

L’OPAC de Saint Etienne est le premier organisme HLM jugé en France pour discrimination raciale et fichage ethnique des locataires et demandeurs de logement. SOS Racisme a déposé plainte contre L’OPAC de Saint Etienne, le 15  mars 2006, l’OPAC a été mis en examen pour ces délits le 13 novembre 2007, le juge d’instruction a clôturé l’instruction le 23 avril 2008, et le procureur a rendu un réquisitoire définitif de renvoi de l’OPAC devant le Tribunal Correctionnel.le 4 juillet 2008. Pour porter plainte, SOS Racisme s’était appuyé sur un rapport de juillet 2005, de la mission interministérielle d’inspection du logement social, qui reprochait à l’OPAC de Saint Etienne sa "Grille de peuplement" pour chaque immeuble dans lequel elle répertoriait "l'origine ethnique des titulaires du bail, en distinguant Maghreb, Afrique, Asie" en se fondant sur le "nom patronymique" des populations logées. En effet, pendant des années la direction de L’OPAC de Saint Etienne donnait des ordres écrits au service de gestion locative de limiter le nombre de locataires d'origine maghrébine, africaine et asiatique dans les bâtiments prisés, une cartographie des logements était établie. Depuis 1997, les appartements occupés par des familles dont le nom avait une consonance maghrébine étaient coloriés en vert dans la grille de peuplement, mise à jour à chaque entrée et sortie de locataire. Au total, prés de dix mille personnes ont été ainsi victime de fichage ethnique et de discrimination de la part de l’OPAC de St Etienne. Dans ce procès, Samuel Thomas Vice Président de SOS Racisme sera invité à s’exprimer en qualité d’auteur d’un rapport ministériel sur les discriminations dans le logement locatif. Il expliquera pourquoi la recherche de la mixité sociale ne saurait justifier la discrimination : « Nul ne doit jamais être choisi ou écarté en fonction de ses origines, tel est la loi Française que les Organismes HLM doivent respecter ».

L’OPAC, pour dissuader SOS Racisme de prévenir les locataires qu’ils étaient victimes de fichage ethnique et de discrimination a par ailleurs porté plainte pour diffamation contre SOS Racisme pour avoir mis « L’OPAC poursuivi en justice » en titre d’un tract diffusé dans les boites aux lettres des habitants de la cité Montreynaud. En effet l’OPAC considère que le terme poursuivi est diffamatoire, s’agissant de poursuites engagées par une association et non par le procureur de la république. Pour cette prétendue diffamation, SOS Racisme est convoqué le même jour devant le Tribunal. Cette poursuite en diffamation n’empêchera pas l’association d’informer les habitants de leurs droits. SOS Racisme entend défendre les victimes de l’OPAC qui ont peur de faire valoir leurs droits face à un puissant bailleur social qui appartient à la municipalité.

Diversité: quand la France s’éveillera…

18ead4c77c3f40dabf9735432ac9d97a-2.jpgPar Dominique SOPO, président de SOS Racisme

Victoire obtenue par un discours de réconciliation, affirmation de la légitimité de l’Etat à intervenir en matière sociale, restauration de l’image des Etats-Unis et donc du modèle démocratique : la victoire d’Obama fut à maints égards un moment d’exception. Elle fut également un moment d’exception en ce que Obama a construit sa victoire en s’extrayant de la question communautaire et raciale et que son élection a de ce fait permis le frémissement d’un espoir non dit mais latent chez nombre de ses électeurs et supporters : la conviction qu’il sera un jour possible de basculer dans une société post-raciale. Bref, la victoire d’Obama avait de quoi donner du souffle et de l’ampleur au débat relatif à la lutte contre les discriminations en France. Mais le débat aura, au contraire, profondément reculé, donnant l’impression que le nec plus ultra de la lutte contre les discriminations tournerait autour de la promotion de la «diversité» et de la mystérieuse «discrimination positive», le rideau de fumée sémantique cachant une absence de toute proposition qui remettrait en cause les équilibres de la société.


A quelques instants du dévoilement de propositions par le président de la République, il est utile que chacun des acteurs de la lutte contre les discriminations nourrisse le débat. Lutter contre les discriminations raciales, c’est avant tout s’interroger sur le substrat culturel qui les rend possibles. Ce substrat, c’est évidemment la construction pseudo-scientifique de la notion de race. La vision dégradée que cette construction renvoya du noir et de l’arabe ne resta pas à l’état intellectuel puisqu’elle légitima un violent rapport d’inégalité – esclavagiste ou colonial - que la France a fort heureusement remis juridiquement en cause depuis plusieurs décennies. Problème : la base juridique a certes disparu mais le substrat culturel, bien que considérablement affaibli, continue à travailler chacune de nos consciences. Et pour cause : par un retour timide et ambigu sur son passé esclavagiste et colonial, la France n’a pas fini de vider un contentieux historique qui continue à nourrir des représentations et des rancœurs auxquelles il faudra bien un jour s’attaquer ! Ce qui demande d'autres actes que le vote en 2005 d'un amendement vantant le "rôle positif" de la colonisation ou encore l'exploitation populiste du thème de l'immigration qui semble avoir pour seule fonction de signifier que l'étranger se trouve exclu de la définition d'une identité nationale «formolisée».

Exemplarité du discours donc, mais également exemplarité des pratiques. En effet, il est stupéfiant que l’Etat puisse maintenir des discriminations légales à l’emploi envers les étrangers en vertu de dispositions qui empêchent les étrangers non communautaires de postuler à 6,5 millions d’emplois.

Enfin, lutter contre les discriminations raciales demande d’activer le maximum de leviers. Or, la France manque aujourd’hui de nombre d’outils et de procédures dont l’absence est une cause puissante de la lenteur du recul des pratiques discriminatoires dans notre pays. Ainsi, l’introduction des «class actions» (actions collectives) et des dommages punitifs (1) devant la justice permettrait notamment de pousser les entreprises à réagencer leurs priorités et à faire de la lutte contre les discriminations une réalité déclinée dans les pratiques et les processus quotidiens.Dans le même ordre d’idées, l’Etat doit conditionner la passation des marchés publics à des engagements précis de la part des entreprises. A titre illustratif, ces engagements pourraient être la formation des personnels de ressources humaines à la lutte contre les discriminations ou la remise en cause régulière des procédures de recrutement dont on sait qu’elles peuvent être fortement biaisées. Enfin, il serait grand temps que l’Etat, dans une logique plus globale d’objectivation des mesures de recrutement, instaure le CV anonyme. En effet, un recruteur aura toujours tendance à écarter des candidats sur lesquels il projette, souvent inconsciemment, des préjugés. Le meilleur moyen de lever ces derniers, c’est de provoquer les rencontres entre celui – le recruteur - qui exprime le préjugé et celui – le candidat – sur lequel ce préjugé se trouve projeté.En réalité, sur chacune de ces propositions, et c’est là où une grande responsabilité incombe au chef de l’Etat, toute excuse, tout blocage, tout retard sont bons à invoquer pour surtout ne pas avancer.

L’élite politique qui est à l’origine de ces blocages se trouve par ailleurs renforcée en cela par les autres cercles d’une élite sclérosée, prompte à nous faire passer pour du courage et de l’audace vis-à-vis de la société ce qui est en réalité accepté par cette société depuis de nombreuses années. Dans une société française métissée, il n’y a aucun courage à nommer un présentateur noir au JT du 20h. Ces débats autour de la nomination de tel ou tel symbole issu de la « diversité » ne sont pas en soi illégitimes, notamment sur des postes où la décision de nomination comporte une part d’arbitraire. Mais, remarquons que la revendication de la «diversité» se trouve dans le débat français quasiment systématiquement déconnectée de la lutte contre les discriminations, comme si l’action sur les «couleurs» de l’élite était une fin en soi et non un éventuel levier pour aller plus avant dans la destruction des systèmes et des réflexes discriminatoires. Tout cela renvoie chez les élites en place à la volonté de se prémunir contre les critiques relatives à leur inaction en matière de lutte contre les discriminations. Pour reprendre la réplique d’un sketch de Thierry Le Luron, ce système de défense pourrait se résumer ainsi : «J’suis pas raciste, mon chien est noir !». L’élite veut ainsi camoufler l’absence de fluidité de sa sphère – l’élite n’aime pas la concurrence… - et sa volonté de ne pas faire grand-chose en matière de lutte contre les discriminations en intégrant de temps à autre quelques profils «atypiques».

La lutte contre les discriminations n’est pas un produit marketing.
Elle renvoie à un projet de société exigeant, celui de la construction d’une France fraternelle et métissée. Elle demande pour ce faire que bien des petites baronnies soient bousculées, là où chaque pas provoque une levée de boucliers toujours habillée des meilleurs sentiments. Bousculer les baronnies, c’est non pas attendre leur assentiment pour mettre en place des réformes radicales en matière de lutte contre les discriminations mais leur imposer au besoin des réformes dont chacun sait qu’elles feraient reculer les discriminations. Mais bousculer les baronnies, c’est aussi avoir la conscience que les élites actuelles se caractérisent par une impressionnante déconnexion des enjeux réels de la société. Si la France est autant en retard en matière de politique publique de lutte contre les discriminations et si elle s’interroge aussi gravement sur la possibilité de l’émergence d’un Obama français, c’est pour une raison dont les conséquences dépassent de loin la seule question discriminatoire : son élite, fut-elle «rénovatrice», n’exhale pas le souffle de la vie mais le souffle fétide des cachots où chaque nouvelle génération d’élites court s’enfermer pour soutenir le siège du mouvement réel de la société.

(1) Les dommages punitifs sont des dommages et intérêts extrêmement élevés que doit verser une personne qui aurait été condamnée pour discrimination. Ils visent non pas à compenser le tort commis mais à envoyer un message de dissuasion à tous ceux qui seraient tentés de commettre la même infraction. En somme, ce sont des dommages préventifs et non compensatoires.

Diversité : Yazid Sabeg, le nouvel homme de Sarkozy

diversites130.jpgNicolas Sarkozy va prononcer un long discours cet après-midi sur le thème de « L’égalité réelle des chances et la promotion de la diversité ». Et annoncer qu’il confie cette mission à Yazid Sabeg. La politique de l’ouverture se poursuit… L’homme du jour s’appelle Yazid Sabeg, un homme d’affaires de 58 ans, fils de manutentionnaire et né en Algérie. Nicolas Sarkozy, qui doit prononcer un discours à l’École Polytechnique, va lui confier la tâche de promouvoir « l’égalité réelle des chances et la promotion de la diversité ». Avec un titre qui reste à définir de haut-commissaire à la diversité ou de délégué interministériel. Le dossier n’est donc pas confié Malek Boutih, l’ex-président de SOS Racisme, comme l’avait annoncé Le Figaro. Aujourd’hui à la tête de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), Sabeg est depuis longtemps un fervent défenseur de la discrimination positive. Un dossier qu’il connaît bien et qu’il porte depuis des années. Il a notamment écrit avec son frère, il y a quatre ans, La Discrimination positive. Pourquoi la France ne peut y échapper ? puis, en 2006, La Diversité dans l’entreprise, comment la réaliser ? . Le 8 novembre dernier, Yazid Sabeg lance un Manifeste pour l’égalité réelle, dans lequel il appelle à « systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires ». Un manifeste soutenu par une certaine Carla Bruni-Sarkozy ! Ces derniers mois, Sabeg ne s’était pas privé pour critiquer la politique gouvernementale dans les banlieues, qu’il trouvait trop timorée.

« Ni de gauche ni de droite » Franc-maçon, l’industriel et ancien patron de CS (Communication et Systèmes) n’est pas né de la dernière pluie. Et détient également un beau carnet d’adresses, même s’il se définit « ni de gauche ni de droite ». Ex-étudiant de Raymond Barre avec qui il est resté lié, il s’est ensuite rapproché de Pierre Méhaignerie, Jean-Louis Borloo tout en côtoyant Jack Lang ou Jean-Pierre Chevènement. Philippe Douste-Blazy - d’ailleurs parrain d’un de ses enfants - fait aussi partie de son univers familier. Quand « Douste » était ministre des Affaires étrangères au Quay d’Orsay (2005-2007), Sabeg était un habitué des lieux… Où il occupait officieusement un poste de conseiller pour le Maghreb. Après un passage à la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar), Yazid Sabeg s’est ensuite tourné vers le privé. Avec le cabinet Enerfinance, il a noué de belles relations dans le monde arabe de l’énergie et du pétrole. Et il est au mieux avec le régime algérien. Mais s’il a parfaitement réussi sa vie sociale, il n’a jamais été cité en France pour occuper un ministère. Peut-être une frustration qui n’est pas étrangère à son combat. Car le patron n’hésite pas à s’investir en se déplaçant sur le terrain. Chaque mois, Yazid Sabeg consacre plusieurs soirées à des réunions de quartier avec des jeunes, en banlieue, et en recommande certains auprès des recruteurs. Un gros poisson dans les filets de Sarkozy… bakchich

Discriminations : pour le comité Veil, il est inutile de modifier la Constitution

Simone Veil.JPGContrairement à ce qu'avait souhaité Nicolas Sarkozy, le comité présidé par l'ancienne présidente du Parlement européen refuse de retoucher la loi constitutionnelle. Le chef de l'Etat présentera aujourd'hui des mesures pour promouvoir la diversité. Lutter contre les discriminations, protéger la dignité de la personne humaine, promouvoir l'égalité salariale et la parité : certainement oui, mais faut-il pour cela bouleverser le préambule de la Constitution ? Clairement non. C'est une fin de non-recevoir en bonne et due forme que le rapport Veil doit transmettre ce matin au président de la République, et dont « Les Echos » se sont procuré une copie.

« Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possibles de véritables politiques d'intégration, pour répondre au défi de la bioéthique », avait demandé Nicolas Sarkozy, en présentant sa « politique de civilisation », le 8 janvier dernier. Avec cinq mois de retard, le rapport du comité Veil ne laisse pas place au doute. Dans tous ces domaines - à une exception près -, estime-t-il, une modification du préambule serait inutile, voire dangereuse. Une à une, les propositions sont évacuées au moyen d'une analyse rigoureuse de l'ensemble du corpus des droits fondamentaux : préambule, mais aussi engagements internationaux de la France et jurisprudence du Conseil constitutionnel. Il suffit, suggère le rapport, d'utiliser d'abord plus intensément les ressources juridiques existantes avant de chercher à inscrire des « dispositions purement symboliques » ou « d'affichage ». Car, estime-t-il, les dispositions du préambule non seulement forment un ensemble cohérent, mais ont surtout « vocation à produire des effets normatifs ». Comprendre qu'il ne suffit pas d'introduire un concept dans la Constitution juste « pour faire beau » : « Il faut compter avec la possibilité d'effets collatéraux inattendus, peut-être pervers. »

« L'égale dignité de chacun » Il en est ainsi particulièrement de la discrimination positive fondée sur « l'origine » qui non seulement peut produire « une montée des tensions et des ressentiments entre communautés », mais surtout est « impraticable » juridiquement. Bref, il ne semble guère possible aux sages d'aller plus loin que le cadre constitutionnel actuel qui permet déjà des mesures « de différenciation positives destinées à prendre en compte et combattre les inégalités territoriales », ou les dispositions visant une catégorie de personnes particulières (handicapés, boursiers...). Même raisonnement en matière de parité, d'autant plus que la révision de juillet 2008 a fini de compléter le dispositif. Quant à la bioéthique, au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles, les membres du comité estiment qu'il est inutile de « figer le droit » dans la norme fondamentale étant donné l'évolution très rapide des techniques. Seule concession à cette belle mécanique intellectuelle et juridique : l'introduction à l'article 1 de la Constitution de la reconnaissance de « l'égale dignité de chacun ».

Ce rapport, commandé par Nicolas Sarkozy, va à l'encontre de ce qu'il avait espéré ? Qu'importe : le président de la République a décidé de bousculer son calendrier et de montrer qu'il pouvait faire avancer le dossier « diversité » par sa seule volonté politique. Il lancera aujourd'hui, lors d'un discours à l'Ecole polytechnique, un certain nombre de pistes pour promouvoir la diversité ethnique et sociale dans l'administration, dans l'éducation et dans les médias. Histoire de montrer que ses différends récents avec ses ministres Rachida Dati et Rama Yade n'ont pas entamé sa détermination. Histoire aussi de faire passer l'idée que malgré le recul sur le lycée et l'accumulation de difficultés économiques, le rythme des réformes continue. Les Echos

Conférence de Presse des Prix Nobels de la Paix dans l’espace "Rencontre avec Martin Luther King"

arton708-f56ce.gifSamedi 13 Décembre à 11h00 , dans l’espace "Rencontre avec Martin Luther King" s’est déroulée la conférence de presse cloturant le 9 ème sommet des Prix Nobels de la Paix. Dominique Sopo Président de SOS Racisme, en compagnie de Clarence Jones a participé à l’évènement. 5 Prix Nobels de la Paix : Fréderic Willem de Klerc, Betty Williams, Mairead Corrigan , John Hulme et Lech Waleza ont présenté le document final du sommet qui s’est déroulé les 11 et 12 décembre à Paris. Invitée d’honneur Madame Ingrid Bétancourt a présenté sa Fondation. SOS Racisme

Programme de l’évenement "Un Jour Martin Luther King"

Lundi 15 Décembre

- 17 H 00 : Projection du Documentaire "9/3, mémoire d’un territoire" de Yamina Benguigui
- 18 H 30 : Conférence/Débat "La réconciliation sociale : entre ville/banlieue" *en présence de Yamina Benguigui.

Mardi 16 Décembre

- 17 H 30 : Projection du documentaire "Homelande" de Jacqueline Kalimunda
- 18 H 30 : Conférence/Débat "la réconciliation en pratique : Afrique du sud, Rwanda" Mercredi 17 Décembre

Mercredi 17 Décembre

- 19 H : Concert de Gospel de Gospel River

Samedi 20 Décembre

- 15 H00 : Concert Reggae avec Solo Jah Gunt et les groupes Onylee et Dread Blood Clash
- 19 H 30 : concert "Atlanta - Paris" Un voyage entre la ville de naissance de Martin Luther Ling et Paris vu par plusieurs artistes : Agnes Paris, Harold, Frankie et Natho

Dimanche 21 Décembre

- 15 H 00 : Animation de danse avec la Compagnie Dife Kako
- 16 H 30 : Performance de danse "dream" conçue par Suzanne Cotto et Christine Moreau
- 20 H 00 : Concert de cloture Hegemony of funk avec en guest Assia, laam...

Toutes les activitées se déroulent sous la tente au dessus des fontaines du trocadéro. Métro Trocadéro Ligne. 6 ou 9

www.unjourmartinlutherking.com

vendredi, 12 décembre 2008

Lyon ne souhaite pas la bienvenue à Dieudonné

logo rhone.jpg« L’humour de Dieudonné est un humour antisémite et communautariste. Et c’est un rire qui repose sur une complicité avec le public. Aller voir Dieudonné, c’est cautionner le rire antisémite», explique Yoann Sportouch, président de l’UEJF à Lyon. L’Union des étudiants juifs de France vient avec plusieurs autres associations dont SOS Racisme, la Licra et la Ligue des Droits de l’Homme, de co-signer un texte contre la venue de l’humoriste vendredi soir à Lyon pour son dernier spectacle. Réponse de l’intéressé via Libération : « C’est une façon de faire ma promotion, c’est sympa, mais c’est déjà complet »…

Le texte est intitulé « Lyon ne souhaite pas la bienvenue à Dieudonné » et rappelle par « morceaux choisis » les derniers « dérapages » de l’humoriste, sur les Juifs en particulier, notamment les références douteuses aux agressions antisémites dans le 19è arrondissement de Paris ou à l’assassinat d’Ilan Halimi. « Dieudonné confond une fois de plus rire antisémite de la plus grande violence et rire comique », expliquent les associations. Par ailleurs, souligne Yoann Sportouch, « Dieudonné entretient désormais une réelle connivence avec l’ultra-droite », rappelant l’épisode du baptême de son fils par Jean-Marie Le Pen. Ajoutant : « Il ne fait plus d’humour, il délivre un message politique, et en particulier un message antisémite ». L’intéressé dit ne pas être totalement d’accord. Sauf sur le rire « anti-communautariste ». Revendiqué, dit-il. Il dit aussi qu’on peut rire avec tout le monde, « avec l’extrême gauche et l’extrême-droite ».

« Je me demande bien pourquoi ces associations n’ont pas réagi à ce qui m’est arrivé en Suisse » , se plaint Dieudonné. Référence à une sortie du comédien Pascal Bernheim qui, dans une émission suisse, l’a récemment qualifié de « nègre ». L’auteur des propos a depuis présenté ses excuses, mais Dieudonné ne décolère pas. Et se demande, avec une pointe d’ironie, pourquoi SOS Racisme n'est pas intervenu.

Les associations qui n’ont « pas voulu demander l’interdiction du spectacle », distribueront leur texte quelques heures avant le spectacle Dieudonné qui doit se tenir au Transbordeur de Villeurbanne. « Il y a un réel problème de liberté d’expression », explique Dieudonné. « Il y a des limites à la liberté d’expression », plaide le porte-parole de l’UEJF. Libélyon

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